(8)Je voudrai tant que tu te souviennes... (8)
Ils sont beaux les nuages, n'est-ce pas? Mais t'es-tu déjà demandé pourquoi tu les trouves si beaux?
Ils te confèrent un sentiment de toute-puissance, te rassurent à leur manière. Mais surtout, dans le fond, tu le sais, tu les aimes car ils sont éternels. Ils ne risque pas de partir, eux, même dans le plus bleu des ciels bleu, il y a toujours ce petit nuage sur lequel tu peux te réfugier.
Tu fermes les yeux, tu t'évades maintenant, tu es libre à courir dans un pré comme dans un foutu clip à la Mickey 3D. Mais soudain, l'attraction est terminée, tu redescend et foule la chaussée. Tu traîne les pieds, les mains dans les poches, tu marches.Seul. Il pleut maintenant. Tu regarde ton reflet dans cette flaque, tu t'arrête longuement. Il pleut alors les larmes de ton corps, le poids de la tristesse soumis aux lois de la gravité. Oui, d'ailleurs, ces foutus lois... Moi quand j'étais petit, c'était I believe i can fly. Oui, j'y croyais. Peut-être.
Tu remontes la rue de ta nostalgie, tu repasses devant ce cinéma. Temple incontesté de connerie humaine, Boudha de beauté. Tu ne prends même pas la peine de lire ces stupides affiches. A quoi bon? Tu es seul maintenant.
L'espace de quelques temps, tu y a cru, lorsque tu fermais les yeux, tu entendais ces rires, et en les rouvrant, ils étaient toujours là. Il faut se rendre à l'évidence, ces rires étaient ton carburant, et aujourd'hui, tu frôles la panne sèche.
Tu t'étais pourtant promis, tu ne voulais plus refaire ta vie, ce putain de Meccano ambulant, chaque pièce montée après chaque autre, puis tu te gourre dans le plan, tu démonte, tu remonte, indéfiniment. Tu as passé l'âge des Meccano. Vas-y, laisse les pièces ici, tu ne veux plus les voir.
Tu repenses alors, il y a eu Beethoven, Bach, Lully, et il a fallut attendre une bribe d'attardée mentale pour qualifier, pour accepter ce qui t'arrive: "j'ai besoin de revoir ton sourire!".
Il est tant de rentrer à présent. Tu traîne péniblement ta carcasse, il pleut sans interruption, tu vas te noyer. ATTENTION!
Tu tournes encore à ce coin de rue, plus que quelques mètre et tu es tranquille. Tu réfléchi, encore et toujours. Au final, tu ne demandais pas grand chose, juste de ne pas être abandonné. L'homme est un loup pour l'homme, le chien est le meilleur ami de l'homme Bla bla bla. C'est du pareil au même, quand tu en as marre du chien, tu le fout par la portière avant de refaire crisser les pneus. Les chiens, les loups, les hommes...
Tu était devenu accro au doux parfum que dégage le bonheur. Tout le monde te l'a reprit, tu entends encore les "Je t'aime chéri"...Tu ne les supporte plus. Tu voulais juste partir loin, avec pour seul bagage, ta bouteille d'oxygène, ton rail de bonheur, ton fixe de joie... Mais rien n'est possible.
Tu es arrivé, tu tournes lentement la clé, dépose ce papier, et te laisse aller. Tu ne peux plus supporter. Tu voulais juste être heureux, juste une fois...
Heure du décès: 22h10